Au creux de la nuit lumineuse, une bataille de temps a déclenché un bouleversement onirique.
L’heure est hors du commun. Des horloges molles, descendantes directes du maître du surréalisme Salvador Dali, ont décidé de déclarer la guerre à leurs ennemis de longue date, les réveils carrés. Manifestant leur dégoût pour la rigidité de ces derniers, les horloges molles se sont mises à répandre le chaos sur le royaume de Chronos.
« Nous ne tolérons plus la tyrannie des secondes carrées, » déclare une horloge mélancolique qui, après avoir dévoré sa douzième heure, refuse de vomir la treizième. Le chronomètre, demeurant continuellement fixe à minuit, exprime sa solidarité avec les horloges : « Je suis fatigué d’être toujours exact. Je rêve d’heures inclinées, de minutes en spirale et de secondes bouclées. »
A la fois choquées et indignées, les montres carrées, le cœur battant à l’unisson de leur tic-tac incessant, se défendent avec véhémence. « Nous sommes les gardiens du temps, et nous ne permettrons pas à ces horloges déréglées de saboter le déroulement ordonné du quotidien, » réagit un réveil carré à chaîne, son cadran resplendissant d’une détermination indomptable.
Une rumeur circule également sur l’intervention de l’Homme de Sable, qui prétendument serait intervenu au secours des horloges molles en endormant les réveils carrés avec son sable doré. « Le temps n’existe pas dans les rêves, seuls le surréalisme et l’absurde y ont leur place, » aurait-il susurré dans l’oreille de la grande horloge de la place du village, déclenchant une vague de murmures approbateurs parmi les horloges molles.
La guerre du temps n’est qu’à son commencement, et il est difficile de prédire qui de l’horloge molle ou du réveil carré finira par remporter le contrôle du royaume de Chronos. Une chose est certaine : le temps, comme nous le connaissons, ne sera plus jamais le même.








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