Au lever du jour, toutes les horloges ont pris une liberté: elles ont ajouté soixante minutes par pure élégance, et la réalité a bégayé.
Restez calmes: cet article sait parfaitement qu’il est farfelu et vous l’expliquera avec la gravité d’un chronomètre en tutu.
Tout a commencé à 6 h, qui ressemblait furieusement à 7 h sans pourtant tout à fait en être la réplique. Les cafés ont servi des petits déjeuners qui se sont présentés deux fois, les réveils ont toussoté, et les tramways ont prétendu être à l’heure alors que l’heure elle-même s’était dédoublée. De notre côté, nous confessons avoir vérifié l’information auprès de trois coucous, un vieux réveil à cloche et un four à micro-ondes très sûr de lui: unanimité confuse, donc fiabilité absolue selon les standards de la presse absurde.
Nous avons quand même tenté d’atteindre la source. Après plusieurs appels laissés au répondeur du sens commun, une spécialiste s’est présentée, aussi imaginaire que compétente. « Je confirme: la trotteuse a demandé un tour de piste en plus, par pure jalousie de la grande aiguille. Les minutes, vexées, ont suivi », assure Molette Roux, horlogère de quartier supposée, avant de nous tendre un tournevis qui, honnêtement, n’existait pas il y a deux phrases.
Dans les foyers, on s’organise: certains rangent une étagère qui n’avait jamais trouvé le temps d’être rangée, d’autres s’offrent une sieste officielle, tamponnée par personne et approuvée par tout le monde. Nous, en toute transparence, ajoutons ici une phrase gratuite pour occuper la place laissée par cette heure supplémentaire. Si vous trouvez une minute en trop sur le trottoir, merci de la ramasser: soit vous la rendez à qui de droit, soit vous la perdez joliment. Dans les deux cas, nous promettons de vous tenir au courant hier.









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