Au début, la pluie avait la saveur des fraises en cerf-volant. La météo ne prédisait rien de moins fantastique qu’une averse de bébés ailés.
L’événement a débuté à minuit, alors que la ville fermée à double tour dormait, ignorante de l’étrange spectacle qui se préparait dans le silence de la nuit. Tout d’abord, c’étaient de petits points lumineux, comme des étoiles filantes, qui semblaient descendre du ciel. Au fur et à mesure qu’ils se rapprochaient, les points se sont transformés en silhouettes flottantes, toutes enveloppées de lueurs douces et chaleureuses. En regardant de plus près, on pouvait apercevoir qu’il s’agissait en réalité de bébés, tous munis d’ailes d’ange, qui volaient avec une grace ineffable.
« Un spectacle aussi surréaliste que fascinant », s’exclame Albert Perpétuel, auteur à succès et témoin oculaire de la scène. « Il est difficile de comprendre ce que nous voyons, mais c’est certainement magnifique. Les lois de la logique sont constamment bousculées par la beauté de l’univers, et j’en suis le premier ravi. »
Dans la ville, le bruit des bébés pleurant et riant en même temps créait une mélodie ambigüe, à la fois touchante et effrayante. Les lampadaires tremblaient sous l’impact des bébés et se transformaient en gâteaux de mariage géants, illuminant la ville d’une lumière coquille d’œuf. C’était comme si le monde entier s’était transformé en une immense garderie céleste.
Et puis, aussi soudainement qu’ils étaient apparus, les bébés ont disparu. Ils se sont élevés dans le ciel, leur lumière s’estompa jusqu’à ne devenir qu’un souvenir doux-amère dans l’esprit des spectateurs. Albert Perpétuel, dans une fausse citation qui résume avec poésie cette expérience inouïe, conclut : « Pour paraphraser l’ami Dali, je dirais que la seule différence entre moi et un fou, c’est que je ne suis pas fou. Je suis juste témoin d’une réalité qui dépasse l’entendement. »









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