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Inspirez, payez: l’abonnement à l’air entre en vigueur ce matin

Après la musique, l’eau et la mémoire de vos propres photos, le dernier abonnement vise ce que vous avez de plus vital: votre souffle.
Une mise à jour nocturne a transformé montres, purificateurs et brosses à dents connectées en compteurs officiels de respiration.

L’update “Airware 12.0” s’est installée à 03 h 11, synchronisant chaque objet connecté du foyer avec un nouveau service baptisé Abo-O2. Au réveil, des notifications ont fleuri: “Félicitations, vous avez consommé 8 402 inspirations cette nuit.” Le détail de facturation précise “soupirs intempestifs” et “micro-halètements oniriques”. Le contrat d’utilisation — 958 pages et un bouton “J’accepte” plus gros que la météo — recommande l’Option Famille pour partager les bouffées du dimanche et l’Option Bébé, “compatible avec les pleurs, dans la limite de trois berceuses.”

Le palier gratuit inclut des coupures respiratoires sponsorisées: un court arrêt sur image pulmonaire pendant qu’un parfum d’eucalyptus récite un code promo. Aux heures de pointe émotionnelle (fous rires, plots de série, feux d’artifice), un tarif dynamique s’active: toute inspiration audible est majorée. Pour éviter la surconsommation, l’application propose un “Mode Monotone” qui aplatit les couchers de soleil et remplace les surprises d’anniversaire par un message neutre: “Événement acceptable. Ne pas haleter.”

Dans les rues, les passants apprennent la respiration silencieuse en suivant un coach holographique qui compte: “Chut… inspire… facture…” Les studios de yoga lancent des ateliers “Apnée illimitée” assortis d’un avertissement en petits caractères: “La reprise d’air reste payante.” Les musiciens à vent s’entraînent désormais au mime; une fanfare locale a annoncé un concert muet et s’est vue ovationnée par 0 décibel d’enthousiasme. Sur les marchés, de nouveaux étals vendent des “bocaux de souffle” prétendument reconditionnés, avec étiquette millésimée et promesse d’un bouquet “matin de montagne”.

“Ce n’est pas une facture, c’est une expérience respiratoire augmentée: nous alignons l’oxygène sur sa vraie valeur perçue,” assure Léonore Pipet, chief inhale officer d’AtmoNest, avant de présenter un masque premium qui convertit les bâillements en points fidélité. L’entreprise promet, grâce à l’IA, “la suppression des respirations redondantes” et la sortie prochaine d’un filtre anti-émotion: un petit clapet qui retient les soupirs d’admiration, le temps de passer en débit réduit.

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