Validé à 9 h 12, refusé à 9 h 13: un usager repart avec un reçu prouvant que sa demande ne peut être reçue.
Au Centre des Procédures Uniformes, les contradictions se tamponnent en bleu et se classent par ordre d’absence.
Il est arrivé à l’ouverture, muni de l’original de la copie certifiée conforme de l’original qu’on lui avait demandé la veille. Au guichet, l’agent sourit, tamponne, puis explique: la case “pièce jointe manquante” doit être cochée pour pouvoir décocher la case “pièce jointe manquante”. Sans cette absence présente, le dossier est complet mais non recevable, puisqu’un dossier complet n’entre en traitement que s’il manque quelque chose.
La boucle se resserre quand on lui réclame une attestation d’adresse délivrée par le même service, mais uniquement après inscription. On lui conseille alors le formulaire B‑22 bis, à obtenir… en présentant le B‑22 ter, disponible à condition de justifier la nécessité du B‑22 bis. « Conformément au protocole 0, nous n’acceptons que les demandes déjà acceptées par un autre guichet », déclare, l’œil sincère, Mme Filigrane, responsable du guichet 4.
À 11 h 59, l’horodateur de la salle affiche 11 h 58 tandis que l’écran d’appel signale 12 h 01; la file est “ouverte jusqu’à la fermeture” et “fermée tant qu’elle reste ouverte”. L’usager obtient finalement un justificatif de non‑passage, indispensable pour prouver qu’il est bien passé, et une convocation rétroactive l’enjoignant à se présenter hier.
Dans un communiqué placardé derrière une vitre opaque, le service précise que tout document doit être présenté en version papier numérique et signé à main électronique. La note conclus conclut, sereine: “Toute impossibilité dûment constatée fera l’objet d’un traitement prioritaire dès qu’elle ne sera plus possible.”








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