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La Gravité publie sa Charte de la Chute: on ne tombe plus n’importe comment

Après des siècles de laissez-tomber, la Gravité adopte un protocole strict: désormais, chaque objet chute sur créneau réservé.
Entre 9 h et 17 h, pause lévitation comprise, mugs, clés et tartines devront prouver leur intention de s’écraser avec élégance.

Dès l’aube, la ville a découvert la nouveauté à ses dépens: des clés hésitant au-dessus du paillasson, des mugs planant comme des idées floues, et des tartines suspendues côté beurré vers le ciel en attendant validation. La Gravité explique viser “la qualité d’impact” et “la soutenabilité du boum”. Les trottoirs, quant à eux, se disent “soulagés” de limiter les embouteillages de fragments.

Un “Comité d’éthique du boum” a été constitué pour auditer les chutes intempestives et recommander des trajectoires à faible nuisance sonore. “Nous introduisons une culture du rebond responsable: plus de drame inutile, du panache mesuré,” affirme Dr Zoé Turlupin, porte-voix autoproclamée de l’Observatoire des Lois Qu’on Ne Discute Pas. Selon elle, la disparition des glissades surprises devrait “restaurer la confiance entre sols et semelles”.

Les usagers s’adaptent: une application, Rends-Toi-Bas, propose des créneaux express pour laisser choir son téléphone avant la réunion. Les assureurs lancent l’option “zéro fracas” (avec franchise sur les soupirs). Seule la communauté des jongleurs proteste mollement, boule en main, redoutant la bureaucratie des rebonds différés.

Reste la zone grise de 17 h–17 h 15, dite “ventre mou de la pesanteur”, où tout hésite à mi-hauteur. Les experts recommandent de ne rien lâcher — ni secrets, ni parapluies — à cet instant crépusculaire. Car la Gravité prévient: en cas de non-respect de la Charte, l’objet fautif sera condamné à flotter, tout penaud, jusqu’au prochain jour ouvré.

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