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Panique au petit-déj : les croissants imposent la croustillance intégrale

Sous leur vernis doré, ils menacent de boycotter les matinées « molles » et réclament un lever digne de ce nom.
Tasses, réveils et beurriers pris de court par un front feuilleté désormais inflexible.

Dans un communiqué parfumé au beurre doux, le Collectif des Viennoiseries Bien Levées a dévoilé cette nuit sa Charte Croustillante: finies les aurores approximatives, les matins devront crépiter sous la dent. « Nous ne sommes pas des coussins comestibles », peut-on lire dans le texte, « nous sommes la bande-son du jour qui démarre ». Panique chez les amateurs de mie timide, ravissement chez les mordus de flocons dorés.

Au comptoir, certains boulangers ont tenté d’amadouer la pâte: prolongation du repos, four calibré au quart de degré, et promesse de feuilletage “en éventail d’opéra”. D’autres, plus sceptiques, affirment avoir surpris des croissants en train de répéter des slogans au fond des corbeilles, pendant que les pains au chocolat — pardon, chocolatines, selon les quartiers — jouaient les médiateurs en silence calculé.

Le tumulte s’est propagé à la table du petit déjeuner: les confitures ont annoncé un épaississement de principe, le beurre a exigé une sortie du frigo avec standing ovation, et les mugs réclament une révision des dosettes « afin d’être à la hauteur de l’instant croustillant ». Dans les files d’attente, des gourmands jurent avoir entendu un croissant soupirer à travers son papier: « Franchement, on fait ce qu’on peut. C’est le monde qui ramollit. »

« Rien ne sert de se lever si c’est pour s’émietter », a déclaré, l’air feutré, P. Feuilleté, porte-cornet du collectif, promettant un “frisson sonore à chaque bouchée” dès demain. D’ici là, les réveils recommandent une marge de manœuvre de sept minutes, le temps, dit-on, d’écouter la croûte parler.

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