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Immobilier à croquer: des castors livrent un immeuble clé en dents en une nuit

Au petit matin, le quai du Sureau a vu surgir un bâtiment de six étages, taillé au millimètre dans du bouleau par une équipe à queue plate.
Entre hotline de perroquets et contrôle qualité assuré par des chouettes, les voisins n’ont toujours pas fini de cligner des yeux.

Au lever du jour, un ruban d’écorce découpé proprement remplaçait la friche d’hier. L’immeuble, baptisé Le Nœud Papillon, aligne balcons en brindilles calibrées, toit végétalisé à nénuphars chauffants et ascenseur à seaux auto-remontants. À l’accueil, trois chats en gilet rayé distribuent des badges qui sentent la résine, tandis qu’un tapis de mousse guide les visiteurs jusqu’au spa « remous de queue » où des carpes assurent un service d’hydromassage sur rendez-vous.

« Nous avons mordu dans le planning et rogné les délais, mais jamais sur la solidité: si ça prend l’eau, on vous rembourse en rondins », jure Hector, chef de chantier castor, casquette fluo plantée entre les oreilles. En sous-sol, un banc de pieuvres tamponne les contrats à l’encre noire (garantie indélébile), pendant qu’un bataillon de fourmis, calculatrice au dos, vérifie chaque devis au grain près. Les hérissons, en charge de la sécurité, annoncent fièrement zéro écharde au compteur.

Déjà, la file d’attente s’allonge: loutres à la recherche d’un duplex avec accès rivière, cigognes séduites par les toits pointus et tortues venues négocier des baux de 99 ans pile. Ce soir, une assemblée de copropriété aura lieu dans une baignoire géante empruntée au musée des Ploufs; au menu, distribution de nichoirs-bureaux et test collectif d’un système de climatisation naturelle assuré par des éventails de feuilles, maniés par des geais très appliqués.

Pour demain, l’équipe annonce un pont piéton suspendu en spatules de castor recyclées, avec piste de course pour escargots express et service de conciergerie assuré par des corneilles polyglottes. Les voisins, eux, s’habituent: « C’est pratique, confie un teckel du quartier. Avant, je perdais mes os. Maintenant, ils me les rangent par ordre alphabétique. »

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