À Marée-Basse-sur-Seine, un chef céphalopode transforme une ancienne laverie en table prisée où l’on trinque en scaphandre.
La foule accourt, les serviettes flottent: service fluide garanti, pour peu qu’on sache nager jusqu’à sa chaise.
Devant l’enseigne Ventouse & Velouté, la file d’attente s’allonge jusqu’au ponton. À l’intérieur, Octave, le poulpe-chef, saisit, tranche, assaisonne et dresse huit assiettes simultanément, tout en battant la mesure sur une cloche de plongée pour annoncer les plats. Le menu renverse les habitudes: bouillon de rosée servi en bulle, raviolis de jardin scellés à l’encre et dessert “flottaison contrôlée” présenté dans un bocal à poisson rouge recyclé. Un panneau rassure les perplexes: “Ici, on ne serre pas la main: on la ventouse.”
Le ballet en salle n’a rien à envier à la cuisine. Deux loutres sommelieres roulent sur le dos pour carafer un kombucha d’algue, des castors-bellmen bâtissent un vestiaire-digue en rondins parfaitement empilés et un hérisson critique tente, stoïque, de ne pas se piquer sur son propre nœud papillon. “Je n’avais jamais vu un amuse-bouche vous saluer avant d’être mangé, mais il était poli et délicieux”, confie, médusée, une chèvre blogueuse, avant de croquer par mégarde le coin de sa carte.
Face à l’engouement, Octave promet d’ouvrir un comptoir à emporter sur le quai, “pour celles et ceux qui préfèrent manger au sec”, et d’organiser des ateliers de dressage express pour écureuils pressés. D’ici là, la maison conseille de réserver trois marées à l’avance: la clientèle s’agrandit, et les serviettes – flottantes – sont déjà toutes pliées en forme de coquillage par une pieuvre cousine venue prêter… main forte.









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