Une start-up promet des cercueils « prime » livrés plus vite que vos remords.
Dans les halls d’immeuble, les colis prennent une drôle de forme. Les voisins n’osent plus signer.
Lancée hier au crépuscule, MortExpress garantit la boîte avant la boîte en terre: choisissez l’essence du bois, la couleur du satin, cochez “éternité sans contact” et suivez votre destin sur carte en temps réel. Une notification vibre à 23 h 59: “Votre après est devant la porte.” L’application propose même un mode discret — l’icône se transforme en panier de fruits pour ne pas effrayer la famille, sauf quand la poignée dépasse du carton.
Le succès est aussi foudroyant que son service. Drones hésitants au-dessus des balcons, livreurs qui sifflotent du Chopin dans les cages d’escalier, et un catalogue qui déborde: option oreiller nuage, parfum “sous-bois de circonstance”, petit livret “Que mettre (ou pas) dans la poche intérieure”. On murmure que certains se laissent tenter par l’achat d’impulsion: au prix où est la vie, la sortie de caisse a le dernier mot.
Les riverains grincent, mais la direction jubile devant les chiffres qui ne bougent plus. “Nous apportons la paix de l’esprit, avec la précision d’un minuteur de cuisine,” jure un sourire commercial vissé au visage. “Quand tout s’arrête, nous, on accélère,” assure Gaspard Dérivé, PDG de MortExpress, avant d’ajouter, confiant: “Si ça ne vous plaît pas, le retour est… définitif.”
Dernier couac en date: une salle de sport a reçu par erreur six modèles “Sprint” en taille XS. Le coach, stoïque, a improvisé un circuit training “jusqu’au bout du souffle”. Sur les réseaux, une influenceuse a déjà posté son “coffin haul”: “Je prends le chêne blanchi, ça va avec mon carrelage.” Dans les commentaires, la punchline qui tue: la vie est courte, la livraison aussi.









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