Stupéfaction à Saint-Fromage-sur-Sève: un camembert s’est mis à parler et dicte désormais ses conditions de conservation.
Notre reporter a recueilli ses confidences feutrées entre deux rayonnages… et deux narines en alerte.
Hier à l’aube, dans l’arrière-boutique de la fromagère Lucie Merlet, un camembert a prononcé, d’une voix onctueuse, le mot “Chut.” Depuis, l’objet laitier le plus surveillé du pays refuse caves bruyantes et frigos bavards. “Rangez-moi en littérature odorante, entre Proust et Roquefort, et tournez-moi toutes les 20 pages, merci”, aurait-il murmuré, jugeant le rayon philosophie “trop sec”. Devant la scène, trois clients ont lâché leurs paniers et un chien a pris des notes mentales.
La bibliothécaire locale, saisie par l’urgence olfactive, a octroyé au fromage une carte de prêt plastifiée et un coin lecture près de la section Sagas. “Je n’avais jamais tamponné une croûte”, souffle-t-elle, émue, en exhibant des photos floues de la première dédicace: une trace de doigt beurrée sur la page 42. Un acousticien dépêché sur place certifie que la pâte absorbe 12 % des potins à 3 mètres, mais les amplifie si l’on évoque des recettes à l’ail.
Depuis l’incident, la ville vit au rythme du “service silence”: chuchotements obligatoires autour du plateau, feuilletage réglementaire de 6 à 8 coups d’œil par minute. Les habitants affirment que, la nuit, le camembert relit les critiques gastronomiques et corrige la ponctuation avec son couteau. Prochaine étape annoncée par le spécimen: un club de lecture mensuel, “si possible sans raclettes bruyantes”, où l’on débattra du grand classique “À la recherche du temps perdu… en cave”.









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