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Coup de théâtre: les réveils annoncent la fin des lundis

En affichant un “ZZ” obstiné à 7 h pile, les réveils d’un bout à l’autre du pays jurent qu’ils ne sonneront plus le premier jour de la semaine.
Cafetières débordées, pyjamas triomphants: la routine matinale cherche un nouveau chef d’orchestre pour lancer la journée sans bip.

Ce matin, un silence inédit a envahi les appartements: ni trilles stridents, ni vibrations nerveuses, seulement le bruissement des couettes qui refusent de céder. Sur les tables de chevet, des cadrans digitaux ont fait défiler un message lapidaire — “Revenez demain” — tandis que des agendas papier, pris de panique, tentaient de grignoter la page “Lundi” à pleines spirales. Dans les cuisines, les tartines ont raté leur entrée en scène; faute de top départ, le grille-pain a préféré rester tiède “par solidarité thermique”.

“Nous avons bipé dans le vide pendant des décennies; désormais, nous vibrerons par conviction, pas par habitude”, déclare, faussement solennel, un Réveil Modèle R-7B, présenté comme “porte-bip” d’un collectif de tables de chevet. “Assez d’être le méchant du matin. Nous voulons une relation consentie avec l’aube.” Face à cette déclaration, une cafetière italienne de quartier aurait tenté une médiation à base de ristretto express, mais s’est contentée de soupirer à gros bouillons.

Les effets en chaîne ne se sont pas fait attendre: métros clairsemés jusqu’à 11 h, bureaux découverts sous des post-it “Zzzz en réunion”, et profusion d’excuses inventives du type “mon horloge biologique est en maintenance”. Selon l’Observatoire du Bâillement, 83 % des personnes interrogées se disent prêtes à “repenser le concept même de matin”, tandis que 12 % proposent de fusionner samedi, dimanche et lundi en un seul bloc nommé “Gros Week-end”.

Mis au pied du lit, le lundi tente déjà de se réinventer sous l’appellation “Pré-mardi”, avec promesse de diffuser une douce odeur de viennoiserie et de décaler toute obligation à plus tard. D’ici là, une consigne s’impose: ne pas fixer trop longtemps l’aiguille des minutes, elle rougirait de gêne en admettant qu’elle aussi préfère faire la sieste.

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