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Virgule en cavale: notre Une manque d’air

Échappée d’un titre ce matin, une virgule roule à travers la ville et notre article court après, tout essoufflé, sans sa petite pause préférée.
Oui, nous consacrons la page principale à un signe minuscule et, oui, nous savons qu’il s’agit d’un vacarme organisé pour presque rien.

À 7 h 04, le chef de la composition a vu la virgule quitter notre gros titre avec une désinvolture de grain de poussière décidé. Depuis, ce texte — salut, c’est moi — tente de la rattraper mot à mot, ce qui explique cette respiration irrégulière et ces phrases qui tiennent sans s’asseoir. Elle glisse le long des recettes (ajouter du sel au lieu d’ajouter, du sel), dérègle les panneaux d’arrêt, puis s’arrête elle-même, juste pour nous regarder paniquer comme si nous pouvions titrer l’éternité.

« On a tous besoin d’une petite pause, mais là, elle a pris la clé des champs », soupire Lucie Pataquès, bibliothécaire municipale et gardienne officieuse des soupirs de fin d’après-midi. D’après le Bureau des signes discrets, il n’y a aucun danger, seulement des quiproquos: un brouhaha tendre qui vous rappelle que lire sans virgule, c’est courir sans poches. D’ailleurs, le point-virgule a proposé son aide; nous avons décliné, par pudeur (et pour éviter de faire les malins).

Reprenons: cette Une sait qu’elle dramatise une bille d’encre. Elle sait aussi que vous aviez besoin d’un peu d’air, justement. La virgule le sait mieux que nous tous: elle flotte au-dessus de ce paragraphe, mignonne, volontaire, et promet de rentrer à la maison dès que nous cesserons de jouer aux poursuivants. Pardon pour la cascade, merci pour la lecture; la voilà qui revient, se place, et nous rend, d’un coup, les épaules plus basses.

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