Ce matin, la ville s’est réveillée sans lundi: les réveils ont affiché “??” et certains cafés ont servi des ristrettos en guise d’excuses.
Après enquête et un balai-brosse hors pair, nous avons retrouvé le jour récalcitrant, roulé en boule sous un paillasson qui n’avait rien demandé.
À cet endroit précis de l’article, une explication rationnelle devrait apparaître. À la place, voici la scène telle qu’elle s’est imposée: trottoirs mi-vides, mails restés en brouillon par principe de précaution, et un ciel qui ne savait pas s’il devait être début de semaine ou simple prolongation d’hier. “Sans lundi, le pain ne lève qu’à moitié; il manque la grimace qui fait gonfler la pâte”, confie Armelle P., boulangère, tout en recalant ses croissants dans un présent incertain.
Nous avons tenté une médiation avec le lundi. Oui, l’article négocie maintenant avec un jour: c’est écrit noir sur blanc et c’est précisément là que le sérieux prend une grande inspiration. Le lundi, boudeur, a exigé trois conditions: plus de snooze agressif, des réunions de 17 minutes maximum, et le droit de porter des chaussettes dépareillées sans remarque. “Je ne suis pas une punition, je suis un début mal cadré”, aurait-il déclaré si le calendrier possédait des cordes vocales et un attaché de presse.
Vous sentez le déraillement? Nous aussi, mais nous avons un tirage à honorer. Le paillasson a été soulevé, le jour replacé délicatement entre dimanche et mardi, et cet article, qui sait très bien qu’il s’écoute écrire, promet d’arrêter de se regarder faire. Jusqu’à la prochaine fois où un mercredi décidera de s’inscrire sous pseudonyme. En attendant, rangez vos paillassons: on ne sait jamais ce qui s’y cache quand la semaine a des velléités littéraires.









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