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Le Temps fait demi-tour sur l’autoroute: embouteillage de 24 heures

Ce matin, les horloges ont pris la sortie précédente et tout le monde a commencé hier.
N’essayez pas de comprendre: nous écrivons depuis un futur passé, avec un café tiède.

À 8 h moins tard, les réveils ont sonné la veille. La ville a répété son premier bonjour, les boulangeries ont cuit des croissants déjà mangés, et les rendez-vous se sont excusés d’être ponctuels à rebours. Nous tenons d’ailleurs à préciser que cette phrase s’est écrite avant la précédente, ce qui explique sa confiance un peu intempestive.

Si vous trouvez cela absurde, c’est normal: cet article aussi. Il a signé sa propre autorisation d’exister au stylo plume, puis s’est glissé en tête de lui-même, comme un titre qui se serait hissé sur ses épaules. À ce stade, cher lecteur, nous savons que vous nous lisez, mais nous tenons à l’élégance de prétendre que l’inverse est vrai: c’est nous qui vous parcourons.

“C’est très simple, lorsque le lundi se coince dans une parenthèse, il glisse en arrière comme une savonnette narrative”, assure la professeure Mireille Tempo, chronologue improvisée et championne locale de retards cohérents. D’après elle, rien de grave: les souvenirs garderont leur date de fabrication, seule l’étiquette tournera sur elle-même, comme au marché quand on retourne un melon pour faire son sérieux.

Conséquences concrètes: les tickets de caisse murmurent l’itinéraire vers l’instant présent, les agendas s’ouvrent à la bonne page mais refusent de commenter, et nos typographes jurent avoir vu un point final s’échapper du paragraphe pour devenir un début. Nous publierons ce rectificatif plus tard, c’est-à-dire plus tôt. Entre-temps, restez calme, respirez à l’endroit et, si possible, réveillez-vous avant votre réveil: il adore qu’on lui vole la vedette.

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