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Réalité: fermeture exceptionnelle (réouverture à 14 h 03)

Ce matin, la Réalité a laissé un mot sur la porte: “Revenez plus tard, je me recolle.”
Voici le récit d’un journal qui s’obstine à couvrir ce qui glisse entre les lignes.

Nous sommes la Une, c’est-à-dire l’endroit où tout doit avoir l’air solide. Hélas, l’air a préféré être ailleurs. À 8 h 17 précises, les horloges ont décidé d’être ponctuelles chacune à leur façon, les ombres sont arrivées avant les objets, et un trottoir s’est déplacé de deux centimètres par politesse, pour “éviter d’être trop péremptoire”. N’y voyez pas un canular: si nous en avions un, nous le vendrions plus cher.

Notre reporter, armé d’un bloc-notes sceptique, a tenté de joindre la Réalité au coin d’une page qui résistait à se tourner. “Franchement, j’ai pris un jour personnel. Vous essayez d’être cohérente vingt-quatre heures sur vingt-quatre, vous, avec des métaphores qui me marchent dessus?” affirme la Réalité, qui promet d’offrir “un ciel bien rangé et des faits alignés” à son retour. À défaut de conférence de presse, elle a glissé une consigne: merci de garder vos objets à leur place, sauf les doutes, qui gagnent à être promenés.

On nous reprochera sans doute ce ton, cet usage immodéré de la gravité légère. C’est que nous écrivons depuis l’intérieur d’un événement qui sait qu’il est un événement, ce qui est, convenons-en, peu discret. Nos colonnes, conscientes de leur joli parallélisme, s’engagent cependant à rectifier toute phrase trop fière d’elle. Mise à jour à 14 h 04: si tout redevient normal, nous republierons la même chose en feignant que c’était voulu. Dans l’intervalle, merci de lire prudemment; certains mots sont encore tièdes.

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