Au Service des Démarches Simplifiées, les usagers traquent le D‑404, requis pour tout mais délivré à condition de le présenter.
Annoncé “en un clic”, le parcours impose trois tampons invisibles et une attestation d’absence d’attestation.
Dans le labyrinthe carrelé du bâtiment, le distributeur de tickets attribue des lettres qui ne correspondent à aucun guichet, tandis que l’ascenseur ne s’arrête qu’entre deux étages. Le D‑404, dit “universel”, s’obtient au guichet 7 bis, lequel renvoie systématiquement vers le guichet 7 ter “par cohérence interne”. Au comptoir voisin, on exige la preuve d’identité de la demande elle-même: un document signé par le document, faute de quoi la demande reste sans demandeur.
Le vade-mecum de procédure, préfacé par un sommaire errant, précise que “l’original numérique doit être présenté en copie conforme manuscrite, en trois exemplaires dématérialisés”. Les horaires affichés garantissent l’accessibilité: “ouvert de 9 h 12 à 9 h 17 les jours pairs impairs”. La fameuse “fenêtre unique” a été ventilée sur quatre bâtiments reliés par une cour fermée pour raison d’ouverture au public. À l’issue du circuit, un agent tamponne la file d’attente afin d’attester qu’elle attend bien.
“Pour simplifier, nous avons fusionné toutes les démarches en une étape unique, répétée autant de fois que nécessaire”, assure, serein, le responsable de la Lisibilité Différée, avant d’inviter chacun à remplir le formulaire NÉANT‑13 “qui certifie l’inutilité de tout autre certificat”. “Notre transparence totale requiert une opacité partielle, condition de sa parfaite clarté”, ajoute‑t‑il, sans ciller.
“On m’a demandé la preuve tamponnée que mon tampon n’existait pas; je l’ai fournie, on me l’a refusée parce qu’elle prouvait trop bien l’absence”, raconte Adèle L., repartie avec un reçu confirmant que son dossier a été “clos pour excès d’ouverture”. Sur la porte, un panneau rassure: “Si vous avez compris, vous vous êtes trompé de bâtiment.”









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