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Matinée renversante: la gare Mont-Feutrine confiée aux animaux, et les trains partent (presque) à l’heure

Café tiré à huit bras, compostage à sabots, annonces chuchotées par un hibou insomnieux.
Entre fou rire et stupeur, les voyageurs de 7 h 12 ont découvert un service… improbable mais étonnamment efficace.

À l’aube, la verrière de Mont-Feutrine s’est ouverte sur un ballet inattendu: un poulpe, toque vissée sur la tête, tirait huit expressos à la fois tandis qu’une tortue, grave et méthodique, tamponnait les billets d’un geste millimétré. À l’accueil, deux chèvres souriantes orientaient les foules en mâchonnant les plans dépassés pour ne laisser que les nouvelles lignes, et une girafe, perchée au-dessus du panneau des départs, corrigeait les horloges d’un coup de langue d’une précision suisse. Sur le quai 3, un héron s’occupait des annonces: sa voix, longue et posée, transformait les retards en haïkus apaisants.

Côté opérationnel, des castors en gilets orange ont consolidé, à la minute, une passerelle branlante avec un design mi-barrage, mi-œuvre d’art, provoquant l’ovation d’un groupe de voyageurs coincés depuis… deux photos Instagram. Des canards, alignés par deux, régulaient les flaques de pluie comme on gère des carrefours: un coin-coin à gauche, tout le monde s’écarte; deux coin-coins, priorité au parapluie. À la consigne, un lama retrouvait les valises d’un seul regard humide, tandis que trois loutres, gants impeccables, emballaient les objets fragiles dans des journaux, après lecture critique des horoscopes.

« On nous dit que nous n’avons pas de mains: c’est faux, nous avons des méthodes », a déclaré Madame Froufrou, chatte-cheffe de quai, moustaches battant tempo. « Bilan: un thermos renversé, deux coussins grignotés — mea culpa des chèvres — et zéro train perdu. Au pire, certains sont arrivés tellement détendus qu’ils ont cru être déjà en vacances. » Autour d’elle, des hamsters chronométraient les départs en tournant dans de petites roues connectées, convertissant chaque pas en minutes gagnées.

La matinée s’est achevée sur une scène douce-amère: un ours, responsable des escalators, a discrètement porté les voyageurs pressés deux par deux quand la marche s’est arrêtée, avant de proposer une sieste collective sur tapis de feuilles. Demain, annonce la direction (un paon très convaincu), l’expérience se poursuit à la bibliothèque municipale: au programme, classement par odeurs subtiles, lectures à voix basse par un cerf timide et service de chuchotements personnalisés par un lapin-bibliothécaire. Les usagers sont priés d’apporter leur curiosité et, si possible, des biscuits sans emballage bruissant.

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