Après des siècles d’habitudes bien rangées, les lettres ont décidé de bousculer la file: Z passe devant A, et personne ne sait où ranger le Y. Les abécédaires pleurent, les claviers trébuchent, et les profs de CP réclament des week-ends de 72 heures.
La secousse typographique a commencé à l’aube, quand plusieurs affiches de supermarché se sont mystérieusement réécrites en “zpommes”, “ztomates” et “zpromotions”. Les linguistes jurent n’avoir rien vu venir, malgré des signes avant-coureurs: un Z un peu trop charismatique dans les mots croisés, un A fatigué par les autoportraits des abécédaires. “J’ai ouvert mon dictionnaire et j’ai découvert qu’il commençait par ‘zéphyr’ et finissait par ‘abricot’,” confie Zita Abramelin, lexicographe insomniaque. “C’est officiel: mon étagère a pivoté, mais pas moi.”
Les conséquences s’empilent plus vite que des points de suspension: les formulaires demandent désormais de signer d’un zautographe, les poètes réécrivent leurs rimes en crissant, et les élèves apprennent la “zphabetisation” avant de savoir s’ils doivent encore mettre des accents ou simplement les poser à côté, pour faire joli. Des informaticiens affirment que les correcteurs ont commencé à rougir en spirale, tandis que les téléphones changent l’ordre des contacts, propulsant “Zoé” au sommet de toutes les listes d’appels manqués.
Face à la panique douce, plusieurs imprimeries proposent un “kit de survie orthographique” comprenant un lot de z majuscules, des ciseaux anti-tri alphabétique et une petite roue de secours pour remettre le A d’aplomb en cas de nostalgie. Les lettres, elles, refusent de commenter et avancent groupées, à reculons si nécessaire. On murmure qu’après l’alphabet, les chiffres envisageraient de commencer à compter par 7 “pour varier les plaisirs”; en attendant, chacun s’entraîne à dire l’essentiel… en commençant par la fin.









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