Au petit matin, les riverains ont enfin obtenu gain de cause : les plaintes contre les fours étaient fondées.
Depuis des mois, le quartier ne dormait plus — et, pour une fois, les morts non plus.
L’inspection municipale a ordonné la fermeture provisoire du crématorium des Tilleuls, après avoir relevé des vibrations persistantes dans les caveaux voisins. Les techniciens évoquent un défaut d’isolation ; les familles, elles, parlent d’un dernier recours inutilement bruyant.
« On avait demandé le silence, pas une tournée d’adieux avec effets spéciaux », soupire Marcel Vigne, gardien du cimetière depuis vingt-six ans. Il précise que les plaintes avaient commencé le jour où le crématorium avait installé une nouvelle ventilation — décrite par les habitués comme « un aspirateur qui aurait lu son propre avis de décès ».
La direction promet des travaux rapides et assure que les cérémonies seront transférées vers un établissement voisin. Les proches devront donc faire un détour, tandis que les défunts, eux, restent à l’adresse habituelle.
En attendant la réouverture, le cimetière a affiché un panneau à l’entrée : « Merci de respecter le calme. » Une consigne simple, désormais appliquée jusque dans les bureaux de l’établissement.









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