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Évasion monumentale: la Tour Eiffel part en week-end

Au petit matin, Paris a découvert un grand rectangle d’herbe sans son icône en fer, et quelques boulons rougis posés comme des miettes de départ.
Selon plusieurs témoins ébahis, la dame de fer aurait plié ses arches “comme un transat” avant de filer vers la mer.

Dès l’aube, guides touristiques et vendeurs de magnets ont levé les yeux sur un ciel étonnamment vide, jurant avoir entendu un long soupir métallique en direction de l’Atlantique. Sur les berges, on retrouve une traînée de paillettes de rouille, des empreintes en forme de losanges, et un mot griffonné sur un ticket de métro: “Je reviens quand j’aurai appris à me refléter dans les vagues.”

Les ingénieurs consultés bafouillent des théories à base de dilatation capricieuse, d’ennui structurel et de “besoin d’horizon”. Des Bateaux-Mouches affirment l’avoir vu traverser un pont “sur la pointe de ses arches”, tandis qu’un car de touristes, reconverti en groupe de recherche, prétend lui avoir servi de guide audio chantant La vie en rose en boucle. “Elle m’a confié: ‘J’ai besoin d’air salin et de sables mouvants pour mes fondations’, puis elle a plié ses genoux comme on plie une carte postale”, assure Marcel, crêpier du Champ de Mars, témoin autoproclamé.

Privés de photo-souvenir, les passants se prennent en selfie devant une silhouette dessinée à la craie et une installation d’escabeaux empilés baptisée “Plan B(effel)”. Les hôtels voisins proposent des “chambres avec absence de vue garantie”, et un atelier de ferronnerie voisin annonce des stages intensifs de “respiration par rivets”. La rumeur dit qu’au coucher du soleil, la voyageuse de fer enverra une carte: “Je bronze à marée haute. Gardez-moi un coin de ciel.”

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