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Mardi égaré retrouvé sous un tapis: la semaine trébuche, le journal fait semblant de savoir danser

On a remis la main — oui, la main — sur un mardi disparu depuis le petit-déjeuner.
L’information s’émiette, sort du four encore tiède, et nous admettons volontiers qu’elle frôle l’invraisemblable.

Tout a commencé quand l’horloge du marché a éternué et que les étiquettes ont sauté du lundi au mercredi, en enjambant la logique comme on évite une flaque. Des clients affirment avoir payé leurs légumes avec un ticket de caisse daté « bientôt ». Notre envoyée spéciale a pris des notes; sa montre a pris un fou rire, ce qui n’est pas recommandé en pleine heure de pointe.

Selon la gardienne officieuse du vestiaire des jours, appelée en renfort pour plier le temps sans le froisser, la situation est sous contrôle. « C’est un mardi fatigué, rien de plus. Nous allons le replacer entre deux cafés et lui servir un silence court avec un nuage de patience », assure Mireille Détour, qui jure qu’elle ne parle jamais en métaphores quand un calendrier l’écoute.

Nous voici au moment exact où l’article s’aperçoit qu’il est un article: il se tient droit, met un intertitre imaginaire, puis renonce. Il sait qu’il cite des témoins de papier, qu’il mesure l’incalculable et qu’il contracte le sérieux comme on contracte une habitude. Pour faire pro, voici une phrase courte. Et, pour l’élégance, une autre, qui n’en finit déjà plus.

Conclusion, si vous avez perdu une réunion, une sieste ou un bon mot, merci de décrire votre mardi (teinte, texture, éventuelle odeur de pluie). Nous le recoudrons à votre semaine avant l’édition de demain — laquelle arrivera pile à l’heure, même si l’heure, elle, a décidé de prendre un léger retard par coquetterie.

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