Les chats ont pris le volant des bus municipaux à l’aube, gilets fluo et moustaches au vent.
Trajets rallongés, sièges moelleux: la sieste devient un service à bord, et les voyageurs ronronnent d’aise.
À cinq heures tapantes, les portes se sont ouvertes avec un miaulement poli et des griffes manucurées ont réglé les rétroviseurs. Les chauffeurs félins, très concentrés, ont balisé les itinéraires en fonction des nappes de soleil sur les trottoirs: chaque halte au carré lumineux s’est transformée en “arrêt-sieste”, et les klaxons ont été remplacés par des grelots apaisants. Résultat: personne n’arrive à l’heure, mais tout le monde arrive détendu.
“Nous garantissons un confort maximal et au moins deux micro-siestes par trajet; s’il faut faire un détour pour suivre un rayon de soleil, nous le ferons,” assure Chouquette, cheffe de dépôt à moustaches, en lissant son badge avec la patte. Les contrôles de titres ont été confiés aux hiboux, dont le regard perçant détecte instantanément les compostages approximatifs, tandis que des chiens stewards distribuent des plaids et des biscuits aux passagers sages.
L’écosystème urbain s’adapte déjà: au terminus, des vaches baristas moussent des cappuccinos à la cloche près; une pieuvre standardiste gère huit réclamations à la fois au centre info-trafic; des loutres, gilets mouillés mais sourire brillant, vendent des tickets depuis une fontaine; et des girafes, perches vivantes, signalent les ponts trop bas aux toits impériaux. Sur la chaussée, des tortues en gants blancs règlent la circulation avec un sens du tempo d’une patience exemplaire.
Demain, annonce-t-on, les écureuils lanceront un service de consignes aériennes dans les platanes pour les bagages trop lourds, et les castors proposeront des déviations temporaires très design en cas de travaux. En attendant, la ville apprend une nouvelle ponctualité: celle du soleil, du moelleux et du miaou bien placé.








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