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Panique au petit-déj: les réveils refusent de sonner

Dans une volte-face aussi tonitruante qu’improbable, les réveils du pays annoncent une “pause indéfinie” du matin.
Cafetières médusées, tartines à l’arrêt: la routine se découvre un grand trou noir entre l’aube et le premier bâillement.

Dès l’aube qui n’en était plus une, des couloirs d’immeubles bruissaient de pyjamas au ralenti et de chaussons hésitants. Des files d’attente se sont formées devant les fenêtres pour “une dose de lumière supplémentaire”, pendant que les brosses à dents, manifestement vexées, rendaient leur service en mode silencieux. Les chats domestiques, d’ordinaire ponctuels sur les croquettes, ont préféré regarder fixement le grille-pain jusqu’à ce que celui-ci confesse ne plus “se sentir croustillant”.

Le très sérieux Observatoire des Rituels Quotidiens, surpris par sa propre surprise, affirme avoir détecté un “glissement horaire affectif” généralisé: les aiguilles refuseraient désormais de pointer le nord de 7 h tant qu’on ne leur parle pas “avec égards”. “Nous ne sonnerons plus tant que personne ne dira s’il vous plaît, et qu’on continuera à nous assommer de snooze sans consentement”, a déclaré, sans trembler, un modèle Bip-Bip 3000 posé sur une pile de modes d’emploi.

Dans certaines cuisines, des alliances improbables se forment: les cuillères à café promettent de tinter plus fort, à condition que les bols arrêtent de “faire les timides”. Les boulangers noctambules testent un pain de minuit, croquant mais philosophe, tandis que les joggeurs réinventent la “soirning”, un footing du soir qui prétend rapporter la même clarté d’esprit que le lever du jour, sans la sonnerie. Si l’on en croit un thermostat lucide, tout pourrait rentrer dans l’ordre “dès que l’humanité saura remercier un réveil avec autant d’enthousiasme qu’un jour férié”.

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