Vous tenez entre vos mains un texte d’information qui préfère dire la vérité sur lui-même: il est un jeu avec une règle mouvante.
Rassurez-vous: toutes les incohérences ont été vérifiées par un comité entièrement imaginaire, au sérieux irréprochable.
Ce matin à 8 h 03, ce papier a réalisé qu’il était un papier. Pris d’une soudaine conscience typographique, il a vérifié sa ponctuation, réajusté sa marge gauche et s’est annoncé comme “important”, parce que c’est le genre de chose qu’un article fait quand il veut être lu avant le café. La photo d’illustration a tenté de se charger, a hésité, puis a préféré rester introuvable pour des raisons de dramaturgie.
“Nous confirmons officiellement que rien de tout ceci ne s’est produit, et c’est précisément pour cela que c’est crucial”, a déclaré Marin Virgule, directeur autoproclamé du Bureau des Parenthèses Nécessaires, en signant d’une signature beaucoup trop élégante pour un jeudi. Selon ce spécialiste, la réalité, lasse de porter tout le poids du plausible, sous-traite désormais ses explications à des colonnes bien intentionnées.
Sur la bandeau du bas, une légende réclame une image, l’image réclame un contexte, et le contexte réclame une sieste. Le rédacteur, qui n’est qu’une voix entre crochets [oui, celle-ci], jure avoir suivi une “méthode rigoureuse à base d’italiques et de bonnes intentions”. Le titre, un peu jaloux de sa propre emphase, menace de repasser en petites capitales si on continue à le regarder comme ça.
Ici, d’ordinaire, viendrait une conclusion raisonnable. Mais elle a pris son après-midi. À la place, ce paragraphe vous remercie de l’avoir lu en diagonale, promet d’être cité hors contexte au dîner, et s’incline avec une crédibilité parfaitement pliée en trois. Retour en kiosque demain, si le réalisme le permet.









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