Réunies à huis clos chez un maître-horloger, des pendules influentes ont décidé d’allonger 18h59 jusqu’à nouvel ordre.
Agendas perplexes, cafés en surchauffe et excuses infinies: le quotidien chancelle avec panache.
Dans un communiqué gravé au burin sur un cadran émaillé, le Collège des Aiguilles annonce l’entrée en Apéro Continu, au nom de la cohésion du monde sensible. Les secondes, jugées “trop pointues”, seront limées pour améliorer la convivialité, tandis que les matinées seront requalifiées en “pré-soirées à potentiel festif”. Les métros, pour leur part, s’engagent à “arriver quand la conversation devient intéressante”.
“Nous ne reculons pas, nous tournons élégamment sur place”, assure Cloche B. Lamy, porte-voix du Carillon Unifié, avant d’entonner un bref tintement pour couvrir les rires nerveux des réveils de chevet. “Notre feuille de route est circulaire, nos objectifs résonnent, et notre transparence est totale, sauf sur l’heure,” ajoute-t-elle, visiblement à l’aise avec le flou artistique.
Effets collatéraux immédiats: les écoles déplacent la récréation sur toute la journée; les trains adoptent l’“arrivée approximative mais chaleureuse”; les applications de productivité affichent “Revenez plus tard, on trinque”. Peu convaincus, les réveils menacent de passer en mode opéra jusqu’à “obtention d’un silence négocié”, pendant que les sabliers, débordés, réclament du renfort en grains.
Déjà, des experts autoproclamés publient un référentiel de “bonne gouverne des quart-d’heures”, bardé d’acronymes et de diapositives brumeuses. Selon eux, tout ira mieux dès que plus personne ne saura à quelle heure il est; “c’est la base d’un consensus durable”, promet le document, avant d’ajouter en tout petit: “l’horloge parlante se réserve le droit de bafouiller”. Dans ce nouveau monde, la rigueur reste à l’heure, mais l’heure, elle, a pris ses RTT.









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