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Grand bain de nouveauté: des loutres prennent la direction de la piscine municipale

À l’ouverture, un cortège moustachu de loutres a remplacé l’équipe humaine, brassards aux pattes et sifflets au cou.
Entre pancartes étanches et cours d’aquaglisse dirigés par un jars tatillon, la matinée a pris un virage franchement aquatique.

Dès 7 h, la file des usagers serpentait devant la porte: un castor à casquette tamponnait des cartes de membre en forme d’écaille, tandis qu’un chat, l’air très sérieux, contrôlait la longueur réglementaire des ongles au guichet “Griffes & Glisse”. Sur la plage, un poulpe alignait les lignes d’eau au cordeau, huit mètres rubans à la fois, et un hérisson proposait des tongs sur mesure “pointes incluses” que personne n’a voulu essayer, par pure prudence.

À l’intérieur, le règlement flambant neuf brillait comme un tuba: bonnet obligatoire, sieste flottante de 10 minutes à la cloche, et priorité absolue aux loutres en formation “synchronisplash”. Les couloirs de nage ont été rebaptisés “Dos-custo”, “Brasse-casserole” et “Turbo-Plancton”, ce qui n’a aidé personne à s’orienter. “Nous visons l’excellence de la glisse, pas la guerre des longueurs; ici, on applaudit les éclaboussures bien intentionnées,” a déclaré Capitaine Mousse, loutre en chef technique, en ajustant son sifflet nacré.

Au bord du petit bain, une chèvre menait un énergique cours d’aquagym “Body-Bêêê” en frappant la mesure avec une frite en mousse, pendant qu’un paresseux gérait le vestiaire à son rythme: chaque clé revenait au bout d’un suspense insoutenable, digne d’un feuilleton de plage. “J’ai perdu mon bonnet mais j’ai gagné un cours de respiration avec une carpe qui fait du yoga,” confiait, hilare, une nageuse enveloppée d’une serviette rayée que des ratons laveurs tentaient de plier au carré parfait.

À midi, ultime innovation: la pause “casse-dalgue”, un buffet de concombres de mer invisibles, salué par des applaudissements polis faute de témoin comestible. Annoncée pour demain, l’ouverture de la piste de toboggan contrôlé par un canard siffleur promet des descentes chronométrées au centième, vérifiées par un phoque à lunettes. En attendant, la ville découvre qu’avec un peu de moustaches, de palmes et beaucoup d’aplomb, l’eau trouve toujours son chemin — et les habitués, une bonne excuse pour être en retard au bureau.

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