À l’aube, des loutres gantées de mousse ont déroulé serviettes et bouées sur un quai, métamorphosant l’heure de pointe en heure de bain.
Les voyageurs, mi-étonnés mi-ruisselants, ont suivi les couloirs fléchés “brasse” et “dos crawlé” jusqu’au “petit lagon” du quai 12.
À 8 h 12 précises, alors que la rame arrivait en crissant, trois loutres en peignoir rayé ont ouvert un spa éphémère entre deux bancs: infusion d’eucalyptus sortie des grilles d’aération, fontaine improvisée sous une fuite capricieuse, et service de prêt de palmes assuré par deux castors au badge “accueil”. Un hérisson, sifflet au bec, a pris la casquette de maître-nageur et instauré la règle des “dix coups de queue” pour signaler les départs.
La Compagnie Métropolitaine parle d’un “courant de fraîcheur sans incident notable”, grâce à une équipe de chiens de berger qui ont guidé les passagers vers des casiers-coquilles gardés par une pie au carnet à souches. Une pieuvre, reconvertie en responsable bien-être, distribuait des peignoirs taille tentacule, tandis qu’un rat gourmet proposait des tranches de concombre pour les yeux, “bio du ballast”.
“C’est la première fois qu’on me demande de valider un ticket avec une palme, mais je confirme: leur crawl est parfaitement réglementaire”, a soufflé Victor, corbeau chef de rame, en époussetant ses ailes perlodées. Les loutres promettent de rendre le quai sec avant 18 h et lancent déjà une carte fidélité: huit plongeons, un massage des moustaches offert.
D’ici là, une chouette a annoncé un atelier de respiration “hou-hou” dans la rame de queue, et une chèvre, entrepreneuse, a monté un kiosque à peignoirs contre paiement en feuilles de salade. Moralité du matin: on peut rater sa correspondance, mais pas sa détente.









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